Wednesday 21 September 2011

L’Opposition syrienne à l’étranger
Il y a une histoire formidablement captivante derrière l’opposition syrienne à l’étranger. En moins de quatre mois, le Syrien moyen a observé avec étonnement les différentes conférences de l’opposition avec des points de vue divergents, les assemblées, comités et commissions nationales de près et de loin, les déclarations, communiqués et plans qui comprennent les cieux et la terre, et pour couronner le tout, les critiques et les accusations adressées au chaînes satellites, aux médias, à internet et à différents sites web. Au milieu de tout ceci, le citoyen qui n’en peut mais tout comme l’expert spécialisé sont également perplexes, tentant en vain de  comprendre ces événements ou de distinguer entre les différentes conférences et assemblées. 
Dans ce qui suis, je vais faire de mon mieux pour raconter chronologiquement et dans les termes les plus simples les événements et les chapitres de cette malheureuse et triste histoire :
1 -  Au début  a eu lieu la « Conférence d’Antalya (Turquie) pour le Changement », à la suite de quoi a été créée une commission consultative qui a choisi parmi ses membres ce qui allait s’appeler un « bureau exécutif ». Un silence l’a suivi, et aucun mouvement supplémentaire n’a été détecté. Cependant, cette conférence a bien produit deux choses positives de la plus grande importance :
elle a confirmé qu’elle ne représentait pas la révolution, mais la soutenait plutôt et
elle a redirigé les principaux sujets de divergences soulevés lors de la conférence, vers le peuple syrien afin qu’il rende sa décision, après la fin heureuse de la révolution et par des moyens démocratiques justes et légitimes, dont, entre autres,  l’identité du futur Etat, son nom et les bases de sa constitution.
2 – Après cette conférence, une série de conférences locales ont eu lieu en Belgique, en Autriche et en France, qui n’ont pas eu de résultats importants mais qui ont ouvert la voie à de multiples dialogues concernant des sujets divers intéressant le citoyen Syrien, et certains aspects de la révolution elle-même.
3 – Puis a eu lieu la « Conférence de Salut national » à Istanbul, présidée par Haitham Al-Maleh, figure bien connue de l’opposition. Selon toutes les indications, fondées sur des fuites en provenance de l’intérieur même de ce cadre, cette conférence allait aboutir à l’établissement un gouvernement d’exil, cependant des problèmes et différences multiples ont, semble-t-il, empêché ceci d’aboutir. Les participants sont rentrés sans rien avoir à montrer qui témoigne de leurs efforts.
4- Ensuite plusieurs figures de l’opposition se sont réunies et ont discuté de la tentative de créer ce qui allait devenir le « Conseil des intellectuels » de la révolution. Plusieurs figures de l’opposition ont été désignées et nommées et une liste initiale de trente noms a été diffusée. Malheureusement, cette entreprise s’est arrêtée là.
5- Puis une autre conférence s’est tenue à Istanbul sous l’égide et avec le soutien matériel du même parti que celui qui avait financé la première conférence de l’opposition à Antalya. Cette conférence-ci a achevé son programme à une vitesse étonnante et une déclaration finale a été annoncée depuis Ankara vers la fin du mois dernier. Cette déclaration a été faite par l’un des jeunes participants de la révolution et incluait la création d’un « Conseil National  de Transition» de 94 membres  dont moins de la moitié est issue de l’opposition intérieure de la Syrie. Il était clair que les organisateurs de cette conférence avaient intentionnellement sur gonflé  la liste initiale du « Conseil des intellectuels » proposé et y avaient ajouté des noms pris dans leurs propres rangs pour atteindre le nombre actuel. Cette conférence est morte à la naissance, ou plutôt était mort-née, dans la mesure où elle a suscité une foule d’objections, spécialement sur la manière dont les noms avaient été sélectionnés. De nombreux membres du conseil ont protesté contre la façon dont leurs noms avaient été jetés dans la liste sans qu’ils aient été consultés au préalable, et parmi eux, le président lui-même.
6- Deux semaines plus tard, une autre annonce a été faite, également depuis la Turquie, à propos de la création du « Conseil national Syrien » composé de 140 membres dont seulement 71 noms étaient révélés, le reste demeurant confidentiel pour raisons de sécurité. Il est encore trop tôt pour prédire ce que ce conseil donnera, néanmoins toutes les indications existant à ce jour sont positives, particulièrement pour ce qui est de la liste des noms et spécialement après que « l’Union des Comités de coordination de la révolution » a fait part de son soutien (réservé) et s’y est joint.
7- Plusieurs entités politiques ont été formées par la suite sous différentes étiquettes et titres, dont la plupart n’ont reçu ni publicité ni soutien.
Il semble cependant qu’il règne une certaine confusion dans la manière de nommer ces événements ou de comprendre la terminologie surtout lorsqu’elle a trait au mot « Transition ». La situation qui requiert la mise en place d’une entité de transition coïncide avec (ou bien suit) la chute du régime ou la perte du contrôle de ce dernier sur une portion considérable des territoires de l’Etat, du fait que ceci nécessite l’instauration immédiate d’un leadership temporaire pour gérer les affaires de l’Etat ou de la partie libérée de celui-ci.
Apprenons et faisons usage de l’expérience des Egyptiens et des Lybiens, sans pour autant les considérer forcément comme un modèle idéal qu’il faudrait suivre. A chaque pays ou révolution ses caractéristiques et situations propres et singulières qui peuvent exiger des actions différentes et plus adaptées.
En Egypte, le régime s’est effondré et le Conseil Militaire Suprême avait repris la gestion des affaires du pays de manière temporaire, comme le Conseil de transition. Puis ils ont poursuivi en formant un gouvernement temporaire, comme dans un gouvernement de transition dans l’attente de la fin de cette période de transition, moment où l’autorité est remise à celui à qui elle revient de droit, le peuple d’Egypte, par des moyens démocratiques justes et légitimes.
Quant à la Lybie, les territoires orientaux ont été libérés des griffes du régime criminel de Kadhafi, qui couvre approximativement 40% de la population de la Lybie et des dizaines de villes. Le besoin urgent d’une entité s’est fait sentir, pour diriger les affaires de la région et fournir à ses habitants des services essentiels comme la sécurité, l’éducation, la santé, les transports, les services, l’industrie pétrolière etc.  De ce fait, un Conseil de  Transition a été créé, qui incluait des  figures originaires de toute la Lybie, y compris venant de régions encore sous le contrôle du régime.  A partir de ce conseil, un bureau exécutif a ensuite été formé sour la présidence de Mahmoud Jibreel comme gouvernement de transition afin d’accomplir les tâches mentionnées plus haut.
En Syrie, d’un autre côté, le régime criminal doit encore tomber ou perdre son contrôle sur toutes les parties du territoire. Le régime a toujours le contrôle et son système répressif, criminel et barbare fait toujours preuve d’une cohésion étroite, de sorte que nous avons devant nous un long et difficile chemin avant que de telles conditions exigent la création d’une entité de transition d’un quelconque sorte.
Il y a cependant un besoin critique vital d’avoir une entité ou une commission, plus proprement appelée Conseil national, afin d’être présents à l’étranger pour représenter la révolution syrienne et la population syrienne libre face aux délégations arabes et internationales et pour soutenir les efforts de la révolution en Syrie même par tous les moyens et de toutes les manières possibles. De ce conseil pourrait aussi être issu un bureau exécutif ou un comité de direction  plus petit, dont les membres se consacreraient totalement à l’accomplissement de ces tâches patriotiques, avec une base établie dans un pays proche de la Syrie, ce pour  quoi la Turquie serait la candidate idéale. Il y a une longue liste de tâches, d’efforts et de responsabilités que ce conseil devra réaliser.
Il semble que le conseil national qui a été annoncé le 15 septembre est qualifié pour être à l’origine et au cœur de cette entreprise dynamique, aux conditions suivantes :
- D’abord, la représentation sans condition, par le conseil,  de la révolution en Syrie, en en faisant une priorité sur tout le reste. Dès lors, le Conseil suprême pour la Révolution et l’Assemblée générale de la Révolution syrienne et toute autre entité révolutionnaire interne doit immédiatement déclarer son soutien et son appartenance au conseil, comme l’a fait l’union des comités de coordination.
- qu’il représente, du mieux qu’il peut, tout le spectre de l’opposition à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie sans exclure aucun parti de quelque appartenance qu’il soit, religieux, ethnique ou laïque.
- que soient exclus tout partis ayant participé au régime criminel ou ayant collaboré avec lui, à présent ou dans un passé lointain, ce qui inclut bien évidemment le criminel Rifat el-Assad et ses partisans, ainsi que le Front du salut dirigé par Abdel Halim Khaddam et leurs semblables. Inutile de mentionner les partis politiques marionnettes qui formaient ce qu’on appelle le Front National Progressif.
- il existe également beaucoup de cas de différents qu’on peut résoudre grâce à un dialogue authentique et auxquels il faut s’attaquer maintenant. Ce qui est important maintenant, c’est de commencer tout de suite le vrai travail sérieux.
Dans ce contexte, il reste un point qu’on ne peut pas passer sous silence, bien que cet article concerne spécifiquement la discussion relative à l’Opposition syrienne à l’étranger,  et il s’agit de la nécessité absolue d’unifier et d’unir toutes les entités révolutionnaires sur le terrain en Syrie sous une seule bannière comprenant aussi le corps de « l’Armée libre ». La légitimité et la crédibilité de tout conseil national à l’extérieur ne peuvent dériver que de l’unité de l’entité révolutionnaire à l’intérieur. Soyons tous unis comme les doigts de la main pour obtenir le succès de la révolution bénie du peuple syrien et pour mettre fin au régime barbare, criminel et corrompu, et en Dieu nous plaçons notre confiance.
Brigadier General Akil Hashem                                  Le 21 septembre 2011

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